Circuit n°5 - Presqu’île de Crozon et enclos paroissiaux

Je vous invite à me suivre sur le circuit de découverte n°5 celui  de la presqu’île de Crozon et des enclos paroissiaux.

circuit-decouverte-5

Partons  si vous le voulez bien de Quimper en direction de notre première étape : Locronan, qui a été élu 2ème  plus beau village de France par l’émission de France 2.
Locronan, en breton : le lieu (loc) de Renan ou Ronan, évêque irlandais, encore un, venu évangéliser la région est resté  tel qu’à la fin du Moyen Age avec ruelles étroites, maisons basses de granit amoureusement entretenues et fleuries par leurs propriétaires. Le village groupé autour de son église gothique nommée (je vous le donne an mil) : St Ronan a souvent servi de décor à des films historiques : Chouans ! de Philippe de Broca avec Philippe Noiret et Sophie Marceau, Tess de Polanski, un long Dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet  ainsi qu’à de nombreux court-métrages. Il s’y tourne un film tous les 3-4 ans et Locronan ne compte pas moins de 450 000 visiteurs en moyenne venus de toute l’Europe chaque année.

Locronan est célèbre pour sa Troménie qui est une procession religieuse (appelée pardon en Bretagne) très colorée et empreinte d’une grande ferveur au cours de laquelle les habitants en costume traditionnel  promènent dans la campagne environnante  les statues des saints locaux et de la Vierge Marie derrière des bannières consacrées  en chantant des cantiques. Chaque année a lieu la petite Troménie de 6 kilomètres, La Grande de 12 kilomètres n’ayant lieu que tous les 6 ans : un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte.. Locronan comme toute la région que nous allons visiter a connu du temps de la marine à voile une extraordinaire prospérité grâce à la culture du chanvre et du lin.
Du 16 au 18 èmes siècles Locronan est un centre commercial  prospère qui équipe de ses voiles et cordages toutes les marines du monde : la Royale en premier lieu mais aussi l’anglaise, l’espagnole, la hollandaise. On dit que La Nina, La Pinta et  La Santa Maria, les caravelles de Christophe Colomb étaient équipées de voiles et de cordages de Locronan lors de leur voyage de découverte du Nouveau Monde en1492. Du haut du clocher la  vue est  superbe sur la campagne environnante à des kilomètres à la ronde : sur Douarnenez et sa rade ainsi que sur Crozon et sa presqu’île. Crozon où je vous emmène désormais.

1ère destination : Plonevez Porzay, indispensable pour savourer pleinement la beauté de la région : suivre le littoral, où vous irez de petite à grande puis à très grande plage, toutes plus belles les unes que les autres.
Cela commence par celles de Trezmalaouen et de Kervel  avec la pointe de Tréfeuntec qui offre une vue à couper le souffle sur la baie de Douarnenez. En continuant vers Ste Anne la Palud ne manquez pas de visiter les chapelles de Ste Anne et de St Nicodème. En fait, l’arc qui enserre la baie de Douarnenez de la pointe de Tal Ar Grip à la Pointe de Morgat n’est qu’une  succession d’immenses plages de sable fin qu’il serait fastidieux de lister mais qui vous sauterons aux yeux au 1er coup d’œil sur une carte  de géographie.  Autre avantage : tous les campings ou presque de ce secteur disposent d’un accès direct ou très court à la plage. Vous n’aurez qu’un seul problème, mais de taille, celui du choix. Je vous plains très sincèrement.

Avec du bleu dans les yeux et du vent dans les cheveux, nous voici à Morgat. Après avoir visité la ville poursuivez toujours le long des côtes vers la pointe extrême de la presqu’île : le Cap de la Chèvre, d’où vous pourrez admirer en face le Cap Sizun. On se retrouve ! Si vous voulez faire l’économie d’un long et fastidieux voyage en Polynésie ne ratez pas en chemin le lieu-dit Ile Vierge : vue magique sur les eaux turquoise du haut de la falaise. Laissez votre voiture pour gagner à pied la Pointe de Dinan et admirer au passage les plages de la Palue et de Lostmarc’h (baignade malheureusement interdite car trop dangereuse). Lostmarc'h où se trouve un éperon barré semblable à celui que nous avons découvert à la pointe de Castelmeur sur le circuit n°2. 

0016-200Si vous êtes en forme et très motivés vous pouvez gagner Camaret par le G R 34, le fameux sentier de randonnée breton,  sinon reprenez par Crozon et profitez-en pour déambuler un peu en ville. A Camaret une chose est impossible, c’est mourir de faim. Les restaurants se succèdent de façon ininterrompue le long du quai Toudouze chacun avec ses spécialités et son charme particulier. C’est un privilège rare et peut-être unique au monde que de pouvoir déjeuner en terrasse face à un monument classé au patrimoine mondial de l'Humanité par l' l’UNESCO :  la tour Vauban.
Tout près de la tour, la Chapelle de Rocamadour participe également de la notoriété de Camaret et mérite une visite, la charpente est en forme de bateau renversé. On y trouve aussi des bouées et des modèles réduits de navires offerts en guise d’ex- votos comme à Confort Meilars (circuit N°2). A cet endroit un petit détour vers la pointe de Pen-Hir et ses célèbres Tas de Pois s’impose, vous y verrez en passant un mini Carnac : les menhirs de Lagatjar sur la route du Toulinguet. Continuez  à contourner la presqu’île et après avoir dépassé la pointe des Capucins vous atteindrez la Pointe des Espagnols, elle aussi fortifiée, ennemis anglo-hollandais obligent , avec en face une vue sur la rade de  Brest.

Après avoir passé Roscanvel, le Fret et l’ile Longue, non visitable, c’est là que sont basés les sous-marins nucléaires de la FOS (force océanique stratégique) je vous propose de nous diriger vers Le Faou pour entamer notre circuit de découverte des enclos paroissiaux. En chemin 2 petites escapades : l’une vers Argol au centre du village vous aurez  un 1er aperçu de ce qu’est un enclos paroissial en voyant le superbe arc de triomphe où l’on retrouve la statue équestre du roi Gradlon  que l’on avait déjà rencontré  à Quimper (entre les 2 tours de la cathédrale), l’autre crochet que je vous propose est un peu plus loin sur la gauche cette fois vers Landévennec.  Là c’est non pas 40, comme avec Napoléon à la bataille des Pyramides durant la campagne d’Egypte, mais 15 siècles d’histoire qui vous attendent au musée de l’Ancienne Abbaye. 

0022-200Après la visite du (Le) Faou charmant  petit bourg breton aux ruelles étroites et maisons anciennes,  direction  Plougastel Daoulas et sa célèbre abbaye. De là nous irons vers Sizun admirer l’enclos paroissial. Ce concept date de la fin du 15ème et du 16ème siècles et est emblématique  de cette région du Finistère. Il en existe 23, d’un intérêt inégal. Certains ne valent que par un détail, un vitrail, un calvaire...je me propose de vous faire découvrir les plus spectaculaires.

0102-200

Un enclos paroissial se compose d’une chapelle ou église, d’un calvaire, d’un cimetière. jusqu'à li y a peu  les cimetières étaient groupés autour de l’église ( pour preuve l’anglais churchyard ou l’allemand Kirchhof), d’un ossuaire (eh oui ! au fil du temps il faut bien faire de la place) d’un porche triomphal, le tout entouré d’un muret destiné à séparer le monde des vivants de celui des morts et aussi d'empécher les chiens de s'approcher d'un garde-manger de rêve pour un chien : l'ossuaire ! A cette époque, cette région de la Bretagne connaissait un âge d’or économique, dont nous avons eu un aperçu à Locronan, grâce à la culture du chanvre et du lin et au commerce des toiles et des cordages. Malgré l’époque troublée le clergé catholique gardait  bien en mains ses ouailles bretonnes par ailleurs très attachées à sa paroisse (qui se dit plo ou plou en breton, amusez-vous à compter le nombre de noms de villes ou de villages formés de ce préfixe suivi du nom plus ou moins déformé du nom d’un lieu ou d’un saint local) : Plougastel, Plogastel, Plobannalec, Plovan...
Tout ceci conduisit à une véritable compétition entre les lieux d’implantation des enclos paroissiaux chaque village s’efforçant d’attirer à prix d’or les meilleurs artisans : maçons, sculpteurs, graveurs, peintres, brodeurs, verriers, tailleurs de pierre …

De Sizun je vous propose de passer à Commana pour y admirer le porche et à l’intérieur les retables de Ste Anne et celui des 5 plaies, poursuivre vers Lochmélar (on retrouve le préfixe loc le lieu sacré, l’ermitage en breton ici le lieu de St Mélar comme nous avions loc Ronan)  où le calvaire avec ses 2 étages impressionne toujours les non-initiés à l’art religieux breton : en haut le Christ sur la croix entouré des 2 larrons, en bas la Vierge et 2 personnages et en prime au revers de ce calvaire St Mélar, St Pierre et Marie Madelaine. Le chœur baroque  comporte des retables et des panneaux du plus bel effet. Avant de nous diriger vers ce que je considère comme le point d’orgue de ce circuit de découverte des enclos paroissiaux : Lampaul- Guimiliau, Guimiliau, St Thégonnec,  Pencran…

Pencran  avec ses 2 calvaires, l’ossuaire porte en breton, la seule langue parlée à l’époque, la mention très accueillante « chapelle St Eutrope et charnier où mettre les os du peuple » nous voilà avertis si besoin était. Le clocher renferme une cloche fondue dans les Flandres, la Descente de Croix de  1517 révèle une  influence flamande. A noter également une statue de Ste Apolline tenant dans sa main une tenaille avec laquelle le bourreau lui arracha toutes les dents avant qu’elle ne soit brûlée vive accédant ainsi au martyr.


0116-2000111-200Poursuivons vers  Lampaul-Guimilau, comparé à ce qui nous attend  l’arc de triomphe de l’entrée, par sa sobriété fait presque pauvre. Mais quel festival dès que nous nous approchons du porche, tous les saints du paradis se sont mis en rang d’oignon pour nous souhaiter la bienvenue et nous inviter à pénétrer dans le lieu sacré, chacun avec ses attributs : St Pierre avec sa clé, St Jacques avec sa coquille,  St André avec sa croix du même nom, St Thomas et son équerre d’architecte, St Yves patron des avocats avec sa célèbre balance qui orne le fronton de tous nos palais de justice et ainsi de suite. Notez que tous ayant été décapités  à la révolution, ils en gardent des traces au niveau de la gorge. A l’intérieur les orgues, les retables, le baptistère sont d’une beauté étourdissante.

0118-200Allons  à Guimiliau où nous accueille le calvaire avec ses 170 personnages, les mots nous manquent : on lit l’ancien et le nouveau testament à livre ouvert… L’évangile est mis en scène par des artistes que l’on ne peut plus qualifier de tailleurs mais de ciseleurs de pierre. N’oublions pas que les fidèles de l’époque ne savaient pas lire pour la plupart, ils ne pouvaient donc lire l’évangile que dans la pierre. Tout y est : l’Annonciation, la descente de Croix, la mise au tombeau, la résurrection, l’entrée à Jérusalem, Pilate se lavant  les mains, la Cène, l’annonce faite à Marie, la nativité, le lavement des pieds, la fuite en Egypte …dans le désordre. Touchante et naïve est la représentation des personnages en costumes d’époque : Joseph en bourgeois du 16ème siècle, les soldats portant la « salade » le casque popularisé par les Conquistadores.


0062-2000063-200Un peu étourdi par cette magnificence poursuivons notre chemin vers St Thégonnec. Le calvaire parait modeste après les précédents que nous avons admirés à Guimiliau et Lampaul-Guimiliau.  La décoration intérieure quoique magnifique ne peut rivaliser avec l’exhubérance de ce que nous avons admiré précédemment.
Par contre la mise au tombeau situé dans l’ossuaire est d’une beauté à couper le souffle, d’un grand réalisme pictural, expression d’une foi sincère et profonde. L’artiste,  charpentier de marine de son état, qui a réalisé cette superbe  sculpture  a été payé 1550 livres en 1702, à quel prix serait évalué une composition aussi magistrale de nos jours ?


0124-200Après cet aperçu de ce que je considère comme les points d’orgue de ce circuit de découverte je vous supplie de conserver un peu de forces et de capacité d’émotion pour admirer sur le chemin du retour vers Quimper une dernière merveille : l’enclos paroissial de Pleyben.
Pour y parvenir je vous invite comme d’habitude à prendre le chemin des écoliers : la petite route départementale qui passe par Brasparts, village  qui mérite une petite halte pour admirer le calvaire qui porte une étrange piéta avec une Vierge Marie au visage dur et fermé, inhabituel dans ce type de représentation et qui n’est pas sans évoquer le calvaire de Nizon qui inspira Gauguin. Egalement étonnante est la décoration de l’ossuaire avec d’un côté l’Ankou  l’ange de la Mort bien connu des Bretons qui déclare : « je vous tue tous » et en face l’ange de la Résurrection qui lui rétorque « Réveillez-vous ». Sur cette petite route qui sépare  Brasparts de  Pleyben vous aurez peut-être comme moi la chance de croiser une petite biche, soyez prudents, roulez lentement pour ne pas risquer de la blesser.

Arrivé à Pleyben pas besoin d’indications pour trouver l’enclos : énorme, majestueux, complet, harmonieux, à mes yeux il est l’un des plus beaux de toute la Bretagne, il occupe tout le centre du village. Son édification dura plus d’un siècle. De toute beauté, le calvaire est encore une fois une bible de pierre. Chaque face illustre de manière naïve et touchante différentes scènes de la vie de Jésus telle que les prêtres de l’époque l’enseignaient à leurs fidèles. L’église possède deux clochers : la tour Sainte Catherine à l’ouest est dominée par un clocher gothique. Au sud la tour Saint Germain commencée en 1588 ne fut achevée qu’en 1642 à cause des guerres de religion. A l’intérieur le somptueux vitrail du chœur illustre la passion du Christ. Vous pourrez consacrer des heures à contempler ce chef-d’œuvre tout en y découvrant d’autres aspects passionnants.

0025-2000023-200Avant de rentrer vers Quimper faites un petit crochet par Châteaulin pour y découvrir la chapelle Notre Dame. Elle vous offrira en prime une vue superbe sur l’Aulne dont vous pourrez admirer une originalité : un escalier à poissons destiné à permettre aux saumons de remonter le cours de la rivière pour aller frayer comme chacun sait sur le lieu de leur naissance et dont la présence ici témoigne d’un certain recul de la pollution.

bretagnepass-setspass

bretagnepass-cartespass

bretagnepass-planspass

bretagnepass-privispass

 

 

www.bretagnepass.com Le Finistère comme vous ne l'avez jamais vu !

Restons connectés...

facebooktwitter


Inscrivez vous à notre lettre d'informations

bretagne-pass-270


BretagnePass - Bernard Dubost
        Hâmeau de la Mairie - Bât G
        29140 Saint Yvi
02 98 94 77 01 / 06 81 00 70 06

bretagnepass-322-blanc

 

Le bruit de la mer empêche les petits poissons de dormir Le bruit de la mer empêche les petits poissons de dormir Le bruit de la mer empêche les petits poissons de dormir